11 juin 2012

Patagonie

Ola todos !
Notre traversée du Pacifique touche à sa fin, on a enfin trouvé l'Amérique du Sud ! On l'a déjà dit, on aime les changements. Après la chaude Polynésie, direction la Patagonie, et en plein hiver austral SVP !



Santiago
Les billets tour du monde, ça permet de faire des économies, mais en Amérique du Sud ça fait des vols à escales et des horaires pas possible ! On commence avec une escale technique de quelques heures à Santiago de Chile, et notre premier aperçu des Andes.. En attendant notre vol suivant à 1h du mat' !!



Puerto Natales
On arrive à Punta Arenas, tout au sud du Chili, à 5h du matin, et on prend le premier bus pour Puerto Natales. A vrai dire, on était un peu inquiets avant d'arriver en Patagonie ! On se voyait déjà au milieu d'une tempête de neige, par -20°, logés dans des cabanes en bois pas chauffées... >_<
Mais en fait, Puerto Natales est un village très accueillant, beaucoup d'hôtels et de restos sont ouverts, il fait beau, et il ne fait que zéro ^^



Torres del Paine
Le lendemain, on part pour un tour d'une journée pour voir les montagnes et les lacs du Torres del Paine. Ce parc est surtout connu pour ses randos et ses trek de plusieurs jours.. en été ! En hivers, on se contente d'un apercu sur les "tours" et les "cornes" du massif. Impressionnant, même de loin !

Il y a très peu de végétation, car le parc a été dévasté par un incendie il y a 6 mois. On croise quand même nos premier lamas !

On finit la journée par la Grotte du Milodon, une espèce de paresseux géant préhistorique, dont une peau a été trouvée à cet endroit. C'est la fierté du village, il est dans toutes les boutiques de souvenirs et a même droit à sa statue taille réelle.



La frontière
Nouveau jour, nouveau pays ! On part de bon matin pour l'Argentine, via le poste frontière du bout du monde. Les douaniers ont l'air autant endormis que nous et on passe sans problème. Encore 5h de route au milieu de la steppe gelée et désertique jusqu'à El Calafate.
El Calafate
C'est la ville touristique de la Patagonie coté argentin, composée à peu près uniquement d’hôtels, restos, et agences de tourisme.. Quelques uns sont fermés, mais il y a quand même de l'activité...et pas mal de chiens errants et très collants, comme dans toute l'Amérique du Sud on dirait !



Le Perito Moreno
Le jour suivant, on part voir la merveille de la Patagonie : le glacier Perito Moreno !

L'avantage d'être aussi au sud, c'est que les levers et couchers de soleil durent une heure ! Au petit matin, scène de vie sur le bord des routes : les rapaces grignottent les lapins écrasés.

El Calafate est la porte d'entrée du parc national "Los Glaciares", qui comme son nom l'indique comprend des centaines de glaciers, qui se jettent dans des lacs. Le plus célèbre, car le plus accessible et spectaculaire, est le Perito Moreno, à 1h de bus du village.

On commence par un tour en bateau sur le lac, pour aller voir la face bleutée du glacier au plus près. Le mur de glace fait quand même 60m de haut, et on entend ses craquements !

La grande spécialité du Perito Moreno, c'est qu'il avance de deux mètres par jour. Il y a toujours des grondements, et des blocs de glaces qui tombent dans le lac. Un pan de 60 mètres qui s'effondre, c'est impressionnant !! Mais un peu difficile à prendre en photo ; )

Il y a des passerelles en face du glacier, d'où on peut prendre un peu de hauteur pour l'observer en attendant la prochaine avalanche.. Un grand moment de contemplation !

Rendez-vous au prochain épisode glacé !
Besos !

6 juin 2012

Rapa Nui II


Iorana again !
Deuxième épisode de notre série à suspense sur l'île de Pâques : ) Si l'île est mondialement connue pour ses moai, il y a plein d'autres choses à découvrir sur ce petit caillou, quand on a le temps (et comme il n'y a qu'un vol par semaine qui fait Papeete-Pâques-Santiago, c'est notre cas).
Les moai furent donc sculptés, dressés, puis détruits par les habitants au cours de guerres entre villages. Une autre religion prît la suite, le culte de l'homme oiseau.



Orongo
Au sud du village de Hanga Roa, nous grimpons en haut du volcan Rano Rau, le lieu sacré du culte de l'homme oiseau. En chemin, on peut voir des peintures d'oiseaux dans des grottes. En haut du volcan, on peut voir les maisons en pierre du village d'Orongo (non non, ce ne sont pas des trous de hobbits ; ).

De ce village partait la "course à l'oeuf" (cf. résumé culturel). Le gagnant devenait l'homme oiseau, qui est représenté sur des pétroglyphes gravés dans la roche. Mais le plus impressionnant est peut être le cratère du volcan Rano Kau avec son lac.

Du haut du volcan, on voit toute l'île. A gauche, le village Hanga Roa, le sommet de l'île le volcan Terevaka et à droite le volcan Poike et la carrière aux moai.



Hanga Roa
Il n'y a donc qu'un seul village sur l'île, Hanga Roa, avec environ 5000 habitants. Parmi les activités, la messe avec chansons en langue Rapa Nui dans l'église aux motifs de l'homme oiseau, et la dégustation de ceviche, une salade de thon cru avec frites de patates douces et fruits divers.

On visite également le musée du village (minuscule mais intéressant), où on peut voir des tablettes d'inscription Rongo Rongo (un langage aujourd'hui disparu), et un des "yeux" de maoi retrouvé. Pas loin du musée, un moai reconstruit tels qu'ils étaient à l'époque. Ça fait un peu cartoon : )



Akivi et la côte Est
Dernier endroit que nous explorons, la côte Est de l'île. Avec Cathryn, une allemande rencontrée dans notre pension, on loue une mini jeep pour affronter les routes cabossées et les pistes en terre. Ca fait bizarre de reconduire à droite, et une manuelle en plus ! Au moins il n'y a pas trop de problèmes de circulation, à part les vaches bien sûr ; )

On visite des grottes dont l'entrée est bien cachée, et qui finissent au milieu des falaises en bord de mer.

Ces grottes étaient utilisées comme maisons par les habitants car protégées par le vent, elles étaient plus efficaces que les cabanes en branchage.

Il y a aussi Akivi, un site de moai restaurés. On se sent petits à côté !



Pendant ce temps sous l'eau..
On peut aussi plonger à l'île de Pâques (quand le temps le permet). Le centre de plongée est tenu par Henri Garcia, une légende de la plongée. Il a été l'un des plongeurs de l'équipe du commandant Cousteau (période "Monde du silence"), est au guiness book pour la plongée la plus haute et la première plongée dans un glacier, a guidé Nicolas Hulot en Patagonie...

La spécialité de la plongée ici, c'est l'eau la plus claire du ¨Pacifique, un moai englouti (mais c'est un fake), et des poissons qui adorent se mettre sur les photos !



Suite et fin du petit résumé culturel (pour ceux qui ont encore le courage de lire : p)
Bref, pour tenter de calmer les tensions entre villages, les sages de l'île ont créé un nouveau culte : celui de l'homme oiseau. L'idée était de mettre en compétition tous les villages à travers un triathlon : les jeunes athlètes de chaque village étaient mis à rude épreuve, avec au menu, dégringolade des falaises du volcan Rano Kau, puis nage de 2km jusqu'à un îlot où le but est de chopper le premier oeuf d'un oiseau migrateur qui venait y pondre chaque année au printemps... Evidemment, rien ne serait plus simple s'il ne leur fallait pas ramener l'oeuf intact jusqu'à l'île... Le gagnant devient homme oiseau et son chef de village devient le chef de l'île pendant un an ; et l'année suivante, rebelote !

La vie sur Rapa Nui aurait pu continuer comme ça pendant encore des siècles si l'île n'avait pas reçu de nouvelles visites... Les européens qui ont amené maladies et autres bestioles polluantes puis surtout les péruviens, qui ont emmené une bonne partie de la population en esclavage, ont bien failli exterminer les Rapa Nui dont il ne restait plus que 150 personnes ! Beaucoup des connaissances de l'île transmises oralement entre générations ont été perdues à tout jamais à cette époque... : (

A la fin du XIXe siècle, aucun peuple européen n'a voulu s'approprier l'île (ça ne faisait pas rêver des statues par terre sur une île loin de tout et sans ressources) donc le Chili s'est "dévoué" ! Comme ils ne savaient pas quoi faire de l'île, ils l'ont louée à une société britannique d'élevage de moutons !! : / Evidemment, ça n'a fait que dégrader le sol et faire disparaître pleins de vestiges historiques !

Heureusement, au milieu du XXe siècle, plusieurs groupes d'archéologues se sont pris d'intérêt pour l'île et ont participé à la restauration des moai. Les fouilles ont permis de reconstituer un peu l'histoire de cette île mais beaucoup de mystères resteront à tout jamais sans réponse...


Dernier point amusant : les anciens Rapa Nui ont construit les statues pour qu'elles veillent sur eux et leurs descendants en leur apportant prospérité... Ce qui est arrivé puisque les statues assurent le succès du tourisme... Etonnant non ?

A bientôt depuis le continent sud-américain !

3 juin 2012

Rapa Nui


Iorana à tous !
Après 15 jours en Polynésie, nous continuons notre traversée du Pacifique en faisant escale une semaine sur la mystérieuse Rapa Nui, autrement dit, l'île de Pâques (qui appartient au Chili by the way) ! C'est l'endroit le plus isolé de la planète, avec 2000 km d'océan à la ronde sans autres îles habitées ! Autant dire que ça plairait aux agoraphobes : p



L'île est assez petite (20km de long) et volcanique, avec de nombreux cratères. Il n'y a qu'un village et deux routes, une qui traverse l’île et une qui en fait le tour. La visite en voiture est donc assez facile, si on n'a pas peur des nids de poules ; )

Il faut aussi faire attention aux vaches et chevaux en liberté qui font parfois des réunions surprises au milieu de la route. On peut aussi voir une faune et flore uniques au monde. Et sur les pentes du volcan Rano Raraku, il semble y avoir d'étranges statues géantes...



Rano Raraku

Rano Raraku est en fait la carrière où étaient sculptées les "moai", les célèbrissimes statues de l'île. La visite de cette immense fabrique permet de voir les géants à tous les stades de leur création.

Aujourd'hui, la carrière contient encore 400 moai, dont certains sont très photogéniques !

Dans un autre volcan on peut voir la fabrique des "pukao", d'immenses pierres rondes qui étaient posées sur la tête des moai. Dans les deux cas, ces carrières abandonnées ressemblent maintenant à des villes fantômes peuplées de géants... Ambiance mystérieuse et frissons garantis.



Tongariki

On continue notre tour de l'île à Tongariki, le site qui compte le plus de moai finis et dressés. Quinze colosses en bord de mer qui regardent l’île du haut de leur dix mètres.

Une fois sculptés dans la carrière, les moai étaient transportés jusqu'aux villages tout autour de l'île, puis dressés sur des plates formes (ahu), et parfois coiffés d'un pukao. Comme tout les moai que l'on peut voir debout, ceux-ci ont été restaurés.



Anakena
Ce site est l'une des deux seules plages de l’île et possède surtout un ahu avec six moai. On peut voir des pukao et les détails des statues : oreilles avec longs lobes, mains et dos gravés.



La chute des moai
La visite de la côte sud de l’île permet de voir les moai tels qu'ils étaient à l'arrivée des premiers européens. Suite à des guerres entre villages, les statues ont été renversées et laissées à l'abandon.





Petit résumé culturel (pour ceux qui ont le courage de lire : p)
L’île avait à l'origine son propre écosystème avec des espèces uniques, jusqu'à l'arrivée des hommes... Les premiers habitants étaient des polynésiens qui ont franchi tout le Pacifique sur leurs pirogues à la recherche de nouvelles terres à coloniser. Ça explique pourquoi la langue rapa nui ressemble beaucoup au tahitien.
Les habitants de l'île ont commencé à sculpter les moai aux environs du XIIIe siècle dans les pentes du volcan Rano Raraku. Du découpage dans la roche au dressage des statues pour la finition, ça nécessitait plusieurs mois à 50 personnes ! Le plus grand jamais sculpté mesure 21m mais n'a jamais été extrait en entier de la roche...

Les moai étaient créés en l'honneur d'ancêtres et rois du passé qui veillaient sur les vivants. C'est pour ça qu'ils regardent toujours vers le village, donc souvent l'intérieur de l'île. Une fois les moais sculptés, ils étaient transportés de la carrière jusqu'aux "ahu", les plate formes réparties dans chaque village. Autant dire que faire bouger une statue de 100 tonnes sur 20 km, ça devait pas être de la tarte ! D'ailleurs, les archéologues ont avancé plusieurs hypothèses sur les techniques utilisées : faire rouler la statue sur des troncs d'arbres, les faire marcher comme un frigo, etc. Une fois dressés sur les ahu, on leur creusait des orbites, on y installait les yeux taillés dans la pierre, et hop, un moai de fini !

Malheureusement pour les habitants, leur frénésie de création des moai (400 statues en cours de fabrication) et l'augmentation de la population entraînèrent un épuisement des ressources de l'île (sans arbres, plus de barques pour aller pêcher !). Des guerres éclatèrent entre villages, entraînant l'arrêt brutal des constructions des moai mais aussi leur destruction, puisque faire tomber un moai équivalait à tuer les dieux du village et donc affaiblir son adversaire. Quand les premiers européens sont arrivés sur l'île (un certain hollandais un jour de Pâques au début du XVIIIe siècle), ils ont ainsi trouvé une île et une population plutôt mal en point...

La suite dans le prochain épisode !