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12 février 2012

Conclusion sur la Chine

Salut à tous !
Après le récit de nos trois semaines en Chine en mode roman photo, voici un article un peu plus littéraire sur notre ressenti de voyageurs concernant la Chine, ses habitants et son mode de vie.



Les chinois
Emilie : Difficile de tirer des conclusions sur un peuple composé de 1,6Md de personnes !
Nous avons croisé tant d'ethnies toutes fascinantes aux vêtements traditionnels, aux habitations et dialectes tous différents (petite préférence pour les ethnies de Yuanyang qui ont été les plus drôles et jovials malgré notre mutuelle incompréhension linguistique ^_^) que cela fait de la Chine un pays séduisant qu'on pourrait parcourir de long en large sans se lasser !

Vincent : Je ne peux m’empêcher de citer cet extrait on ne peut plus véridique :
Les Chinois passent leur temps à cracher. Ils se raclent la gorge si bruyamment que la conversation devient inaudible - on dirait le bruit d'un motoculteur ou de quelqu'un qui nettoie une gouttière, ou encore les derniers litres d'eau d'un jacuzzi en train de se vider. Ils aspirent avec leurs joues : Kurrrkh! puis ils grimacent, mettent leurs dents en position et se penchent. Vous vous attendez à un jet d'au moins cinq mètres, comme un cow-boy dans la pampa, mais non, ils ne lui impriment aucune force. Ils crachent rarement à plus de de quelques centimètres. (…. Ce n'est pas un tir net en plein dans le crachoir, c'est une dégoulinade qui coule à l'extérieur de ce répugnant réceptacle. Ils se plient en deux lorsqu'ils crachent, avec une flexion des genoux et une courbure de l'échine en guise de préliminaire. Il n'y a rien d'agressif. C'est presque silencieux. Ils laissent tomber le glaviot et poursuivent leur chemin. Bien sur c'est un pays surpeuplé et il est impossible de balancer un mollard sans taper sur quelqu'un. Paul Théroux - La Chine à petites vapeurs – 1986

Sinon, il y a vraiment deux types de Chinois. Certains sont super ouverts et adorables, quant aux autres… disons qu’ils aiment se faire remarquer : ils fument comme des pompiers, gueulent comme des putois, se mouchent par terre, coupent les files d’attente… Pour ceux qui ont un peu de temps et veulent rigoler, voir cet article, qui correspond à la vision de l'occidental moyen… Je confirme chacun des points !



Le chinois
Emilie : Connaître le japonais aide indéniablement à comprendre le chinois à l'écrit puisque beaucoup de caractères sont identiques ; pour passer commande dans un resto (et ne pas se retrouver avec des pattes de poulet frites par ex), acheter des billets de bus pour la bonne destination ou se retrouver dans une ville, c'est très pratique ! Par contre dès qu'il faut parler, les intonations sont tellement différentes et les dialectes si divers qu'il ne faut pas compter sur les similitudes entre ces langues !
Bref en 3 semaines on n'a été incapable d'apprendre plus que Nihao (bonjour) et Xiexie (merci) mais on n'a tout de même survécu et réussi à voyager à peu près sereinement !

Vincent : Bon c’est simple, le chinois, pour mes petites oreilles d’occidental, c’est juste complètement incompréhensible. Langue tonale, parler trop rapide, dizaine de dialectes rencontrés… Impossible de comprendre le moindre mot, ni la séparation entre les mots, ni entre les phrases d’ailleurs…  Et à l’écrit, ce n’est guère mieux, c’est l’un des légers inconvénients des alphabets infinis ! Bref… en touriste on s’en sort quand même (voir ci-dessus), mais je plains nos petits enfants qui devront prendre le chinois en LV1, haha !



Le tourisme en Chine
On va peut être enfoncer des portes ouvertes, mais il y a deux type de sites en Chine :
Les sites connus : en général, aucun problème pour trouver le bon bus, arriver sur place et visiter. Par contre, quelque soit le jour, l’heure et le lieu, vous croiserez aussi un million de cars touristiques et un bon milliard de chinois sur le site ! Et vu le bruit que génère un seul chinois, ça devient vite oppressant. Le bon côté de ce tourisme de masse, c’est qu’il suffit de s’éloigner de 100m de l’itinéraire du troupeau pour retrouver le calme (exemple : Shilin, Lijiang…)
Les sites peu connus : (c’est-à-dire pas connus des chinois) on s’en doute, c’est l’inverse : ils sont presque déserts, et se contemplent en toute zénitude… mais c’est la galère pour y aller ! On finit toujours par trouver la bonne gare routière, le bon bus (en général, les), et on arrive PRESQUE à destination (tout est dans le presque). Car sur place, aucune indication ni renseignement. Au final il faudra toujours lâcher un billet à un local / taxi / pickup quelconque pour qu’il vous emmène au vrai site (exemples : Xingping, Donchuang…)
Conclusion : il y a un énorme potentiel touristique en Chine du sud, surtout au niveau des paysages qui sont magnifiques, mais ils sont soit sous-exploités, soit sur-exploités.



Nos destinations tops
1. Yuanyang en janvier pour les paysages époustouflants des rizières en eau, dormir dans le village de Duoyishu pour vivre comme un Hani, les costumes colorés des ethnies et enfin, randonner au milieu des villages et rizières ! Couchers de soleil à Bada et Laohuzai <3
2. Shangrila, dormir au milieu des prairies enneigées pleines de yaks poilus et grimper son monastère tibétain, mais mollo car on est quand même à 3200m !
3. Xingping pour admirer les pains de sucre loin de la foule car la majorité des touristes restent à Guilin ou Yangshuo, l'auberge This Old Place pour le staff le plus sympa et drôle jamais croisé et la montée à Laozhai Hill pour une vue à 360 !

Sinon à éviter
- Le Guangxi en janvier (Yangshuo, Xingping) à cause du mauvais temps et du froid : préférer septembre-octobre pour se baigner dans la rivière et profiter d'un temps clément
- Les tours organisés des rizières Longji depuis Guilin (trop chers) ; kitsch assuré pendant le Long Hair Show, très touristique et anyway, janvier n'est pas la bonne saison pour les rizières. Préférer les rizières de Yuanyang !!
- A Lijiang et Dali, éviter les centres villes trop touristiques atteints de mercantilisme et préférer les villages aux alentours (Baisha, Shuhe, Xighou)



Côté pratique
- Voyager en Chine pendant les fêtes majeures (nouvel an et octobre) est une mauvaise idée car il y a une foule de touristes chinois PARTOUT (et c'est là qu'on réalise qu'ils sont TRÈS nombreux !!) et surtout les prix des hébergements doublent ;(

- Si vous êtes malade en transport, choisissez une autre destination de vacances car il y a encore peu de trains (et s'il y en a, ils sont parfois plus lents que les bus !). Le réseau de bus est bien développé mais les routes ne sont pas toujours en bon état et cela prend du coup un certain temps... Par ex, on a mis 4h à parcourir 80km jusqu'à Dongchuan depuis Kunming... Mais tout change très vite en Chine.

- Les régions visitées sont très safe, aucun sentiment d'insécurité (sauf dans les bus à 60km/h au bord d'une falaise). Aucun souci pour se balader avec le réflexe autour du cou (on faisait parfois limite amateur avec notre "petit" objectif à côté de certains chinois)

- Les youth hostels sont top pour voyager : bon rapport qualité prix, chambres doubles comme dans les hôtels mais en plus espaces communs très sympas, lessive et location de vélos, souvent pas besoin de transformateur de prise, wifi, staff parlant anglais très serviables et possibilité de croiser d'autres voyageurs étrangers et/ou chinois ! Penser à acheter du papier WC ou des mouchoirs (pas chers en Chine !) car les quantités fournies sont souvent minimales.

- Si vous ne parlez pas chinois, penser à vous munir d'un lexique (écrit en chinois tradi fourni dans le Lonely par ex) pour pointer les mots qu'on souhaite exprimer / les lieux où on souhaite aller. Le mieux évidemment est d'apprendre qq mots avant de partir...

- Tout est bon marché en Chine donc acheter sur place plutôt que ramener de France (shampooing, savon, mouchoirs...voire vêtements, appareils électroniques).

- Ni FB ni blogspot sont accessibles depuis la Chine (oui vous l'avez remarqué !); si Google marche des fois, il s'agit de Google HK. Le wifi est souvent lent donc s'armer de patience.

- Pas besoin de traitement antipaludéen en janvier dans le Yunnan sauf sans doute si vous allez à Xishuanbanna (on a croisé 3 moustiques pendant les 2 semaines yunnanaises)



Bises à tous et spécialement à ceux qui sont arrivés en bas de ce pavé ;  )

10 février 2012

Et au milieu coule une rizière

Ni hao à tous !
Toujours un peu à la bourre faute de haut débit dans la jungle Birmane, voici la dernière partie de nos aventures en Chine : les rizières en terrasses du sud Yunnan.

Jianshui
Nous partons donc quatre jours dans le sud du Yunnan. En chemin, nous faisons étape à Janshui, une petite ville pas encore trop touristique, mais très animée. Sur la place centrale, Tai shi, jeux de cartes et concert en plein air des rock stars locales ; )

Nous retrouvons un peu de zénitude dans le parc du temple de Confucius, et le jardin de la famille Zhu, une sorte de labyrinthe de petites maisons et de patios intérieurs.



Les rizières en terrasses de Yuanyang
Après cinq heures du bus le plus tape cul du séjour chinois (et c'est pas rien ;-) nous rejoignons Duyoishu, un des villages au coeur des rizières en terrasses de Yuanyang. Dès l'arrivée, le spectacle est magique, le ciel se reflète dans l'eau des rizières à perte de vue.
Notre guesthouse est top : vue sur le paysage depuis la chambre (et depuis la douche), et très bonne cuisine chinoise (pas trop grasse) ! Il faut juste faire gaffe en sortant à ne pas tomber dans l'eau : ) Notre hôte, Jacky, ancien assistant du photographe Olivier Föllmi, nous emmène voir le coucher de soleil à Laohuzui.

Le matin suivant, nous nous levons avec le soleil, mais le temps est capricieux. La brume forme une "mer de nuage", qui monte et redescend à une vitesse incroyable. Entre deux "vagues", nous apercevons les paysans... et les touristes qui se baladent sur les petits chemins de séparation.

Nous partons pour une randonnée dans la purée de pois. C'est jour de marché à Sheng Village : les Hani (en bleu) et les Yi (très colorés) sont de sortie. Bouchon monstre dans le village, les étals de légumes, de pâtisseries diverses et les cages de canards bloquent la circulation !

A force de marcher, nous arrivons au bout du monde. L'occasion d'une séance de lévitation ;-)

Heureusement, la brume se lève. On découvre une vue de 180 dégrés incroyable, sur des kilomètres de rizières. Un véritable paysage entièrement sculpté par l'homme. Et dire que chaque brin de riz doit être planté à la main !

Une fois le brouillard parti, on voit des pruniers dans les champs... et quelques obstacles sur la route.

On finit par un autre coucher de soleil à Bada. Reflets de lumière et brume se mélangent pour le plus grand bonheur des photographes amateurs !

Yuanyang restera un de nos meilleurs souvenirs de Chine, pour ses paysages, et la gentillesse des habitants !
Bises à tous, et rendez-vous en Birmanie.

6 février 2012

Rock around Kunming !

Risa, Kimchi, Carrie, Vincent et Emilie

Shilin, la forêt de pierres
Après notre descente de l'Himalaya, nous voici à Kunming. Nous allons faire un tour à Shilin, littéralement la "forêt de pierres". C'est un site de formations géologiques assez surprenantes, des centaines et des centaines de pierres dressées et effilées.

La minute gauloise : picnic à base de rillettes bien de chez nous devant le rocher de l'éléphant. Il ne faut pas trop manger pour pouvoir se faufiler dans les passages, et attention aux chutes de pierres !

Nous avons même droit à une petite danse des Sani, le groupe ethnique majoritaire dans le coin.



Dongchuan, les rizières pourpres
A Kunming, nous retrouvons Charlie, Kimchi, Carrie, Risa et Sakina, nos amis chinois rencontrés à Shangri La (pour ceux qui suivent). Nous faisons un dîner franco-chinois grâce au Carrefour de la ville ! Il ne faut pas être trop ambitieux... Au menu, saucisson, brie, pâté et vin rouge français !
Puis nous partons ensemble pour un week-end à Dongchuan, un site qui permet de se promener dans les rizières "rouges" (et pas seulement parce que les paysans sont membres du parti).

Six heures et trois bus plus tard, nous y voilà. Le site est encore assez peu connu, et on s'en rend bien compte une fois arrivé : c'est la campagne ; )

Nous étions bien contents de faire le trip avec nos amis chinois, car c'est un peu compliqué de se rendre sur ce site... Mais finalement, même pour un chinois, c'est pas facile !! La visite qui devait se faire à la journée se prolonge d'une nuit sur place, faute de transport retour... Du coup, c'est l'occasion de voir le lever de soleil le lendemain ! A 6h30, nous sommes sur le pont pour la lumière du matin.

Hop, on en profite pour faire notre pose fétiche : version photo, et celle dessinée par Kimchi.
Thank you Kimchi for the cute drawing!

L'anecdote de la fin : dans le bus du retour, on commence à jouer du piano sur l'iPad de Kimchi. Comment se retrouver, de fil en aiguille, à fredonner du Edith Piaf, puis à chanter la Marseillaise, main sur le coeur, dans un bus plein de chinois qui nous regardent avec des yeux ronds ^^ !

3 février 2012

Sur les routes du Yunnan

Lijiang
Après la nuit glacée de Shangri La, nous partons vers le sud ! En route, on fait connaissance
d'un groupe de joyeux étudiants chinois (et une prof d'anglais américaine), avec qui nous prenons le bus, dînons et visitons la vieille ville de Lijiang de nuit (bourrée de touristes chinois en vacances)...

Le lendemain, nous trouvons un guide local naxi (minorité majoritaire à Lijiang ^^) nommé Richard. Bon techniquement, c'est plutôt lui qui nous a trouvé ! Nous profitons du beau temps pour faire une balade autour du lac Lashi sur un cheval naxi, pas très grand et plutôt rond (le cheval !), puis en barque (10 minutes de ronds dans l'eau par 20 cm de profondeur... huhu).

Plus intéressant, notre guide nous emmène ensuite à Baisha, un village naxi authentique, ou l'on croise des mémés et des systèmes de séchage à l'ancienne. Notez l'écriture naxi, dernière écriture de type hiéroglyphe encore utilisée dans le monde.

Nous finissons la journée à Shuhe, autre village ancien, et par une dégustation de thé du Yunnan.

Jour suivant, nous allons au parc de l'étang du dragon noir, d'ou il y a une belle vue sur la montagne du dragon de jade (5500m).

Puis nous visitons le palais de la famille Mu, sorte de cité interdite miniature. Ambiance calme et reposante comparée à la frénésie de la ville. Encore une belle vue sur la montagne et sur les toits de la vieille ville (qui est un véritable labyrinthe).



Dali
Quatre heures de bus branlant sur une route cabossée plus tard, nous voila à Dali, qui est également célèbre pour sa vieille ville remplie de boutiques à touristes ;-) Nous goûtons à la cuisine Bai : fromage de chèvre frit et pommes de terre de mamie Bai. Palais sensibles aux plats piquants, s'abstenir !

On part visiter les alentours : Xighou et la maison traditionnelle Bai où nous assistons à un spectacle d'une kitscherie sans limite ! Même les consignes de sécurité sont couleurs locales !
Escale au marché, ou les vendeuses des différentes minorités sortent leur plus beaux costumes pour attirer le client (et le photographe amateur).


On termine avec l'endroit le plus célèbre de Dali, le parc des trois pagodes. Le sanctuaire, construit sur le versant d'une colline, contient un grand nombre de batiments et temples, le long d'un escalier qui monte encore et toujours (effet sanctuaire des chevaliers d'or ;-)
Si les pagodes ont 1000 ans, le reste date... de l'an 2000, reconstruction post révolution culturelle oblige.

Encore cinq heure de bus, et à nous Kunming, capitale du Yunnan !