12 juillet 2012

La mine du Diable

Ola de Bolivia!
Après trois jours dans le désert du Sud Lipez, nous avons migré vers le nord, à Potosi, la ville la plus haute du monde (4070m). C'est aussi la plus grosse mine d'argent exploitée par l'Espagne aux temps coloniaux. Il paraît qu'à l'époque, c'était une des villes les plus peuplées du monde, devant Londres et Paris, tellement ça nécessitait de la main d'oeuvre. Huit millions d'indiens et d'esclaves africains sont morts dans la montagne Cerro Rico, en restant enfermés nuits et jours dans les mines, pour enrichir l'Espagne...

La visite des mines commence par un tour au vestiaire : on se munit de nos tenues de mineurs, un des guides nous montre l'exemple... Puis passage au marché des mineurs où notre guide nous explique comment préparer de la dynamite (super rassurant !) qui est en vente libre à Potosi. On achète quelques cadeaux pour les mineurs : feuilles de coca, bouteille d'eau, alcool à presque 90° sont les bienvenues !

Puis on visite une "usine" de raffinage : salle des produits chimiques avec cyanure à l'air libre et grosses broyeuses à pleine vitesse, attention aux mains !



Dans les entrailles de la terre
Enfin on part pour l'expédition spéléo de 2h dans les mines Rosario ; on commence par parcourir des couloirs faciles, puis on atteint le second niveau en rampant dans des cheminées et des couloirs ! Il est difficile de respirer à cause du manque d'air, claustrophobes et asthmatiques s'abstenir !

Les parois sont couvertes d'arsenic (en vert), de sulfate de cuivre (en bleu), d'amiante (en blanc), et aussi d'argent, don de Dieu, cadeau du Diable... Il faut savoir que la majorité des mineurs meurent au bout d'une dizaine d'années, à force de respirer les poussières toxiques sans protection.

Au bout d'une heure, on arrive au troisième niveau. Il fait maintenant 45° dans la mine, et on transpire à grosses gouttes. On rencontre un groupe de mineurs qui vident des chariots de minerais. Nos chers touristes apporteront leur aide pour décharger les cargaisons.

On leur offre nos "cadeaux" tout en découvrant leurs conditions déplorables de travail... Les mineurs travaillent souvent 24 heures d'affilée sans manger autre chose que des feuilles de coca. Pour se protéger des mauvais esprits, éviter les accidents de dynamite et trouver encore plus de minerais, les mineurs font des offrandes au dieu Tio, qui est en fait le Diable : à l'extérieur de la mine, ils croient en Dieu mais à l'intérieur, c'est le Diable qui l'emporte.

Après deux heures éprouvantes, on est soulagé de retrouver la lumière de la surface. On pense alors aux mineurs qui travaillent parfois dès l'age de 10 ans... (cf. le film El minero del diablo).



Potosi, coté ville
En ville, on croise beaucoup d'églises (celles où les mineurs viennent prier Dieu) et de cireurs de chaussures qui mâchouillent eux aussi les feuilles de coca à longueur de journée.

Par chance, on croise un défilé qui célèbre l'anniversaire d'un marché local : pompons, plumes de couleurs, mémés en costume et instruments de musique à foison !

Puis on visite le marché central de Potosi où on trouve de tout : paniers en osier, vêtements, légumes, fruits, têtes et groins de boeuf en vente libre !

Après plusieurs semaines à parcourir des paysages de toute beauté, Potosi est un retour brutal à la réalité de la vie dans les pays en voie de développement...
Suite de notre parcours bolivien depuis la capitale la plus haute du monde !
Besos

10 juillet 2012

Salar de Uyuni


Flamands en folie
Salut tout le monde, suite de nos aventures en 4x4 dans le sud de la Bolivie !
Après les lagunes blanche, verte et rouge du premier jour, on continue le lendemain avec des lagunes...  bleues ! C'est d'un classique... sauf qu'elles sont habitées par des colonies de flamands roses !

Les flamands ont l'air d'aimer le froid et l'altitude, ils font même du patinage sur glace, dans un style presque inimitable... ; )

Certaines lagunes sont aussi salées, avec un dépôt blanc autour, ce qui fait de jolis jeux de couleurs.



Dans mon salar, il y a des cactus !
A la fin de la seconde journée, on arrive au but de l'expédition : le salar de Uyuni, le plus grand lac de sel du monde. On prend nos quartiers dans un hôtel de sel, what else ? Les murs, le sol, les lits, les tables, bref, TOUT est en sel ! Derrière l'hôtel, une colline couverte de cactus géants.

Après une seconde nuit gelée (on est encore à plus de 3000m), c'est un très bon point de vue pour admirer le lever de soleil sur le salar le lendemain matin.

Une fois le jour levé, c'est reparti en 4x4. La voiture fonce maintenant tout droit à travers le désert de sel, spectacle blanc surréaliste à perte de vue... Jusqu'à ce qu'on atteigne Isla Incahuasi, un rocher couvert de cactus planté au milieu du salar.

Et c'est vraiment du bon cactus, taille moyenne, 3m ! Certains ont des formes amusantes. Il y a même quelques lamas qui ne craignent pas les épines.



Dans l'oeil du salar

On repart dans le salar jusqu'au milieu de l'étendue blanche, où le sel forme des figures géométriques naturelles, et où le paysage est parfaitement plat et blanc à l'infini. Grâce à l'absence de perspective, c'est l'endroit idéal pour quelques photos débiles !



Sel a faim
Alors qu'on continue vers l'est et la ville d'Uyuni, on tombe sur une forêt de drapeaux qui marquent le premier hôtel du salar (depuis converti en musée), puis sur d'étranges pyramides de sel.

Ce sont des tas faits par les mineurs de sel, qui viennent ensuite les récolter. Dans le premier village à la frontière du salar, on visite un atelier de mise en sac du sel, un travail à la chaîne digne des temps modernes... 5 tonnes par jour, beau rendement pour un travail entièrement manuel !

Dernière étape, juste à côté du village d'Uyuni, le cimetière des trains. C'est notre premier village bolivien, et comme on le verra dans tout le pays, la ville est entourée d'environ un million de déchets divers. A Uyuni ils font encore plus fort, ils ont abandonné les locomotives et les trains désaffectés de la fameuse ligne Bolivie-Chili à quelques km du village. C'est une collection de carcasses qui rouillent tranquillement, ambiance western ou fin du monde.



En conclusion, malgré le froid et l'altitude, que dire si ce n'est que ces trois jours en 4x4 à travers le Sud Lipez et le Salar de Uyuni sont un best-of de paysages tous plus incroyables les uns que les autres, une expérience routard à faire absolument ! Et merci encore à Claudia, Martin, Léa et Johan pour leur compagnie et leur bonne humeur : D

Bises à tous